Interview : Edouard Fillias


Interview pour ClemsPolitique et pour le journal QVIDAM de Edouard Fillias candidat à l'investiture pour la présidentielle de 2007 et président du nouveau parti libérale Alternative Libérale (AL)
ClemsPolitique- Bonjour Monsieur Fillias
E. Fillias- Bonjour
ClemsPolitique- Pourquoi avoir créé un nouveau parti ?
E. Fillias- En France, les idées libérales sont accusées de tous les mots touchant notre pays. Nous voulons montrer qu'au contraire, nos idées sont une chance pour une France à la dérive. Or en France, ces idées sont absentes de la scène politiques. Aucun des partis en place ne porte les idées libérales, alors que dans la plupart des grandes démocraties européennes, ces idées sont représentées par un parti : en Allemagne, il s'agit du FDP, en Irlande des Progressive Democrats. Il était temps que la France dispose enfin de ce troisième axe de la vie politique (hors du simple débat gauche/droite).
ClemsPolitique- Où vous situez-vous sur l'échiquier politique français ?
E. Fillias- Nous sommes une sorte d'OVNI dans le paysage politique actuel. Nous ne sommes ni de droite ni de gauche, nous sommes tout simplement libéraux. Et c'est justement parce que nous ne nous reconnaissons pas dans le clivage droite/gauche que nous avons choisi de porter nous-mêmes nos idées libérales dans le débat public.
ClemsPolitique- Il y a déjà 3 candidats à l'investiture du parti pour la présidentielle de 2007, comment comptez-vous obtenir les 500 signatures ?
E. Fillias- Nous annoncerons à la rentrée le candidat d'Alternative Libérale pour la présidentielle de 2007. Nous avons déjà commencé à rechercher les 500 signatures d'élus et pour l'instant nous recevons un excellent accueil des maires. Nos responsables locaux sont bien implantés dans leurs régions respectives et notre présence nationale (nous sommes déjà présents dans 80 villes) est une grande aide dans cette recherche de parrainages.
ClemsPolitique- Quel est votre programme pour 2007 ?
E. Fillias- Nous voulons rendre au Français des importantes marges de man½uvre. Le centre de notre programme est la liberté de choix. Cette liberté s'applique donc à l'ensemble des questions de notre société : logement, éducation, sécurité sociale, mariage, liberté d'expression ... Mais vous en saurez davantage en septembre quand le candidat d'Alternative Libérale dévoilera son programme.
ClemsPolitique- Quel score espérez-vous faire ?
E. Fillias- Dans la plupart des grandes démocraties, un parti libéral existe et remporte entre 10 et 15% des voix. 2007 sera pour nous l'année du lancement, mais nous sommes convaincus de nos chances de succès tant les Français attendent du neuf comme en témoignent le fort taux d'abstention, principalement chez les jeunes, et le vote extrême.
ClemsPolitique- Que pensez-vous de la politique du gouvernement ?
E. Fillias- Le gouvernement mène une politique qui n'a rien de libéral. Villepin ressemble à un Gorbatchev français en pleine Perestroïka : il tente désespérément de sauver un système injuste qui tombe en miettes. Ce gouvernement est de plus en plus décrédibilisé, que ce soit par son échec sur la question du CPE, l'affaire Clearstream, les tentatives désespérées de « patriotisme économique », ou encore l'inadmissible amnistie de Guy Drut. Le gouvernement n'a aujourd'hui plus aucune légitimité, il n'est que le défenseur de ses propres intérêts.
ClemsPolitique- Selon vous les parlementaires UMP ont-ils eu raison de retirer le CPE ?
E. Fillias- Je ne crois pas qu'on puisse dire que les parlementaires aient eu le moindre rôle dans l'affaire du CPE. Cette affaire illustre même parfaitement l'impuissance totale du Parlement français. Non seulement, ils n'ont voté la loi sur l'égalité des chances que par le 49-3, mais en plus, le chef de l'Etat leur a imposé la suspension et les a enfin obligés à voter un nouveau texte. En France, le Parlement est chaque jour bafoué.
Cela dit, il est une bonne chose que le CPE ait été retiré. Non seulement ce texte était inefficace (il n'allait pas permettre de créer des emplois), mais surtout injuste : il stigmatisait la jeunesse : c'était une mesure de ségrégation. Enfin, Dominique de Villepin a, nous l'espérons, enfin appris, qu'on ne peut avoir raison tout seul. Sa posture pseudo-gaullienne de l'homme providentielle venant sauver la nation était ridicule et ne peut être adaptée à une démocratie moderne.
ClemsPolitique- Pouvez-vous nous donner le positionnement de votre parti sur le projet de lois relatif aux droits d'auteur ?
E. Fillias- Nous ne pouvons que nous opposer à une telle loi dont le seul souci est de protéger l'industrie de la culture face aux mutations technologiques. La sauvegarde de cette industrie se fait au détriment du citoyen (devenu consommateur) et de ses droits, de la culture, voire même des artistes. Le projet de loi DADVSI n'empêchera pas la copie numérique sans autorisation (du moins tant que la France ne se sera pas transformée en pays techno-totalitaire) mais il facilitera par contre la vente liée, les ententes illicites et les abus de position dominante au détriment des petites entreprises et des auteurs indépendants.
ClemsPolitique- Comment libéraliser un pays qui refuse le TCE trop libéral, qui plébiscite la fonction publique, qui combat Bolkestein, qui est profondément étatiste à droite comme à gauche, qui a des syndicats très rouges, qui vient de détruire le CPE et bientôt le CNE, bref un peuple qui n'aime pas le libéralisme ?
E. Fillias- Aujourd'hui, les Français ont peur : de l'avenir, du monde du travail, de la mondialisation ... Notre volonté est de redonner confiance aux Français. L'excellent accueil que nous recevons, avec des adhésions en masse alors que nous n'existons officiellement que depuis trois mois, les nombreux retours presse nous montrent que les Français attendent du neuf. Ils ne se reconnaissent plus dans les actuels corps intermédiaires comme en témoigne le très faible nombre d'adhérents aux partis et aux syndicats comparés aux chiffres étrangers. Nous, nous proposons aux Français un libéralisme « grand angle », ouvert, centré sur la Liberté de la Personne. Nos dirigeants sont jeunes, actifs et dynamiques, nous incarnons un renouveau de la politique en France.
ClemsPolitique- Merci beaucoup Edouard Fillias
E. Fillias- Merci aurevoir
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