Interview : Christian Chavrier
Interview pour ClemsPolitique de Christian Chavrier candidat à la présidentielle de 2007, président du parti fedéraliste
ClemsPolitique- Bonjour monsieur Chavrier
C.Chavrier- Bonjour
ClemsPolitique- Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots votre programme pour 2007.
C.Chavrier- Je souhaite démontrer à tous ceux qui ne croient plus en la politique qu'une autre manière de l'exercer est possible, loin des populismes et des vieilles recettes. Que des solutions existent pour inventer une société plus juste, qu'il faut se battre pour cela.
Je suis candidat pour convaincre nos compatriotes qu'il faut rompre avec le centralisme à la française, parce que notre pays est un des rares à ne pas avoir encore appliqué les principes fédéralistes, pour lutter contre la corruption et le clientélisme, pour l'avènement d'une république enfin équitable avec ses enfants, pour placer l'homme et son environnement comme seule préoccupation du politique.
Cette candidature résolument novatrice a pour vocation de catalyser autour du mouvement fédéraliste les mouvements et les militants régionalistes, l'ensemble de la mouvance citoyenne (partis et associations), ainsi que toutes celles et ceux qui ne se reconnaissant pas dans le jeu des partis traditionnels souhaitent réformer en profondeur notre société et relancer la construction européenne.
Voici mes principaux axes de campagne :
--> Une 6ème république Fédérale, seule capable de nous donner les moyens d'un véritable changement de société et de faire avancer l'Europe.
Le Revenu Inconditionnel de Base (R.I.B.) : un droit constitutionnel pour tous, outil permettant à chacun de retrouver liberté, autonomie et dignité ; pour lutter efficacement contre la pauvreté, l'exclusion et le chômage. Le Revenu Inconditionnel de Base certes remet en cause le système allocataire, mais n'abolit pas la protection sociale, il la renforce et la rend viable. Des Régions autonomes dotées de gouvernements régionaux, d'une véritable autonomie fiscale (les impôts restent majoritairement là où ils sont prélevés) avec une réelle péréquation nationale (rôle solidaire de l'Etat en direction des régions pauvres).
--> Suppression des départements devenus inutiles et coûteux.
Instauration d'une véritable TVA sociale, en déplaçant l'assiette des prélèvements qui pèsent aujourd'hui uniquement et trop lourdement sur le travail vers la consommation (assiette de prélèvement considérablement élargie), nous équilibrons les comptes de la sécurité sociale, réduisons la dette, et finançons le Revenu Inconditionnel de Base.
--> Un homme = un mandat, pour lutter contre le clientélisme et la corruption.
--> Démocratie participative : donner à chacun, la possibilité et les moyens de participer et de contrôler la vie publique afin pouvoir décider de son quotidien.
--> Reconnaissance du vote blanc et instauration de la proportionnelle.
--> Relance du processus de construction Européenne en passant nécessairement par « le noyau dur » pour rendre possible l'avènement d'une Europe politique et sociale.
--> La préservation de l'environnement qui doit conditionner toute décision publique en France et en Europe.
Le Revenu Inconditionnel de Base sera la clef de voûte de ma campagne. Simple à comprendre, il est bien plus qu'une simple mesure sociale. Il permet de comprendre que nous sommes en face d'un choix de société, et que c'est le PF qui montre la voie.
En effet le choix est simple :
- soit continuer dans la « politique de Papa », système féodal et jacobin perpétué par la classe politique (votez pour moi je vous donnerai plus) ; continuant ainsi de plonger chaque français et nos territoires dans l'assistanat et la privation des libertés les plus fondamentales.
- soit (dans le respect de la république, de l'Europe et des identités), choisir l'émancipation en disposant des moyens (pour les territoires et les hommes qui y vivent) et des outils pour cela. Mais soyons clairs, liberté retrouvée ne signifie ni libéralisme forcené, ni séparatisme.
Je suis clair : Liberté rime avec solidarité, Egalité rime avec équité, Fraternité avec responsabilité !
ClemsPolitique- Monsieur Chavrier pouvez-vous nous dire si vous pensez obtenir les 500 signatures sans difficultés ?
C.Chavrier- Nous nous battrons de toutes nos forces pour les obtenir. J'espère que ces signatures ne passerons pas à 750 comme cela semble être à l'étude actuellement. Cette pêche aux signatures est évidemment verrouillée par les "gros" partis en place qui on commencé à signifier aux élus de leur camp de rester dans le rang s'ils tiennent à leur siège. Heureusement il reste dans notre pays des élus courageux qui ont comme nous la volonté de faire évoluer notre société, qui sont plus préoccupés par l'intérêt général que par leur propre carrière. Il faudra donc aller les chercher ; nous sommes en marche grâce notamment à nos relais déjà actifs sur une bonne partie du territoire.
ClemsPolitique- Si vous obtenez les 500 signatures quel score esperez-vous faire ?
C.Chavrier- Si nous y parvenons les choses sont très ouvertes. Ce dont je suis certain c'est que ceux qui veulent que les choses bougent dans ce pays sont plus nombreux qu'on pourrait le penser. Si on leur donne l'occasion de s'exprimer, s'ils ont la possibilité d'explorer d'autres voies pour une société plus juste alors il faudra bien en tenir compte. Ce qu'on l'on confisque au peuple il fini toujours par le récupérer, à commencer par la parole !
ClemsPolitique- Pourquoi monsieur Allenbach (le fondateur du parti) a-t-il démissionné du parti ?
C.Chavrier- Il a sans doute mesuré son isolement et senti que sa démarche de candidature solo à la Présidentielle, sa gestion, sa stratégie pour l'avenir de notre mouvement et sa ligne politique ne rencontraient que très peu d'adhésion dans nos rangs. Aujourd'hui le PF est inscrit dans une logique électorale crédible afin de faire connaître son programme au plus grand nombre, afin que les citoyens s'en emparent. La présidentielle fait partie de cette stratégie mais cela ne s'arrête pas là. Nous serons présents aux législatives, aux municipales de 2008, à toutes les élections qui suivront. Nous travaillerons avec d'autres, avec lesquels en toute indépendance nous partageons une communauté d'idées ; comme je l'ai initié pendant les régionales. Pour les législatives par exemple nous pourrons ainsi mécaniquement réduire de 5 ou 6 le nombre de candidatures et en récolter les fruits (cf. législatives de 2002 parfois plus de 20 candidatures par circonscription). Plus forts nous ferons mieux passer nos idées. Cela est rendu possible grâce une politique d'ouverture et de coopérations sur laquelle la nouvelle équipe a notamment été élue. Nous sommes aujourd'hui reconnus comme le bras armé de la famille fédéraliste, et en capacité de rassembler au delà de notre propre mouvement. Je reçois d'ores et déjà de nombreux soutiens y compris de l'étranger.
ClemsPolitique- Pourquoi monsieur Allenbach s'est-il présenté à l'élèction présidentielle sans l'accord de son parti ?
C.Chavrier- Lors de notre AG du 8 octobre dernier, en lieu et place de son rapport moral il a annoncé sa candidature à la présidentielle en tentant de prendre à la hussarde un parti et des militants médusés. Une sorte de "qui m'aime me suive", sans résultat... Grâce au rétablissement de la démocratie interne par la nouvelle équipe, les instances représentatives ont pu débattre de la question de la présidentielle. Il a donc été démocratiquement décidé d'une procédure d'investiture afin que le PF soit représenté, chaque candidat pouvait alors faire valoir son projet et le débat avoir lieu. L'ancien président a refusé de participer à la campagne interne demandant simplement aux militants de le soutenir sans jamais leur dire en quoi son projet consistait, y compris après avoir démissionné...
Aujourd'hui nous voyons apparaître une candidature de la Province contre Paris, ça n'est pas notre position. Nous n'opposons personne, chacun dans sa région peut être sensible au programme fédéraliste et y trouver un intérêt, je l'ai prouvé aux dernières régionales en Ile de France en obtenant presque 3% des voix.
La ligne politique très largement majoritaire au PF répond a des exigences d'équilibre, en matière économique et sociale. La refonte institutionnelle que nous prônons est en cohérence avec une vision humaniste de la société, pour que le citoyen retrouve les moyens d'agir sur sa vie, voilà de quoi il est question au fond et ce que permet le fédéralisme. Non comme un dogme mais comme un outil. Le fédéralisme sans applications pratiques ne sert à rien. L'autonomie pour l'épanouissement des territoires et des citoyens qui les peuplent, la liberté, l'Europe politique et sociale, la solidarité sont parmi nos objectifs. Monsieur Allenbach et nous ne parlons pas de la même chose.
Nous nous parlons d'un choix de société. Ma candidature, celle du PF, s'inscrit dans une stratégie et un projet collectif, en cohérence avec nos fondamentaux et les attentes des milliers de militants de la famille fédéraliste.
ClemsPolitique- Quel est votre position et celle de votre parti sur la politique du gouvernement ?
C.Chavrier- Il y a aurait tant à dire... Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Sans s'affranchir d'un Etat obèse et ultra-centralisé , d'un système qui ne permet pas le renouvellement de la vie démocratique, que voulez vous qu'ils fassent ?
Ils naviguent à vue surfant sur les sondages, flattant les uns, tentant de tuer le père ou le frère, obsédés par leurs carrières, leurs réélections ou leurs futurs placards, plutôt que de regarder les choses en face : notre démocratie est malade et incapable de créer les conditions de sa propre évolution sans en passer par des crises sans fin.
Ce gouvernement et toute une frange de la classe politique, de droite comme de gauche est responsable de cet état de fait, en toute connaissance de cause. Ils sont coupables de non assistance à démocratie en danger.
Un exemple au hasard : la grippe aviaire, depuis combien de temps en parle t on, et depuis combien de temps les oiseaux migrateurs empruntent le circuit que l'on connaît ? On vient nous dire aujourd'hui que les vaccins pour les volatiles seront prêts vers le 15 mars...et que des autorisations de vacciner se sont perdues dans les couloirs de l'administration depuis novembre ! Le gouvernement ne rend public le premier cas qu'une semaine après sa découverte, le 19 février TF1 nous sert une carte d'Europe avec 59 cas en Allemagne et un seul en France... Franchement on prend les gens pour des idiots. Je ne discute pas du bien fondé de la vaccination, mais je dénonce le manque criant de transparence des autorités (on peut se souvenir d'un certain nuage toxique pour constater que c'est une vieille habitude), tout autant que le comportement pour le moins passif de certains médias dont le coeur de quelques uns bat à l'unisson avec les communiqués des ministères sans se poser de questions...
Un autre exemple : le Premier ministre a annoncé qu'il avait la capacité de réduire en 5 ans la dette colossale qui écrase les Français : 1 117 milliard d'euros, soit 66% du PIB ! Avec une croissance du PIB français de 2,2% en 2006 et de 1,9% en 2007, prévue par les experts (Marc Touati - Natexis Banques Populaires), c'est impossible à tenir, sauf à envisager une révolution des dépenses de l'Etat.
Par cette déclaration, M. de Villepin qui continue fait une campagne qui ne dit pas son nom, tente de faire croire aux français que c'est par des mesurettes éculées qu'il y parviendra, alors qu'il n'agit en aucune manière sur les causes réelles de la dette.
Pour le Parti Fédéraliste, les moyens de sortir de la France du rouge sont : - une réduction drastique des dépenses de l'Etat, - une réforme institutionnelle en profondeur afin que l'Etat ne se consacre qu'à ses missions régaliennes et transfère sans attendre le reste des compétences aux Régions avec les ressources fiscales correspondantes, - un changement complet d'assiette de prélèvement pour le financement de la Sécurité Sociale, en détaxant le travail et en instituant une TVA sociale.
Il est urgent de cesser de mentir aux Français. Nous n'affronterons pas l'avenir avec des recettes du passé !
ClemsPolitique- Quel est votre pronostique pour le second tour ?
C.Chavrier- Cette question est intéressante parce qu'elle montre à quel point tous les médias tombent dans le panneau de notre démocratie malade : l'élection suprême conduit à focaliser l'attention sur deux grandes figures dont on suppose a l'avance qu'elles se retrouveront au second tour. C'est une manière de dire à l'opinion que de toute façon, elle n'a pas le choix sinon entre gauche et droite. On a vu l'aboutissement absurde de cette logique en 2002. Les "démocrates" n'ont pas eu le choix : on leur a dit de voter contre Le Pen. Et si en 2007, on avait Besancenot - Le Pen ? On leur dira quoi ? décidément, je crois qu'il faut changer de système. C'est ça la réponse fédéraliste : passer à une VIè République qui ne ferait pas de l'élection présidentielle le centre de tous les pouvoirs, l'alpha et l'oméga de la vie démocratique.
Je souhaite en tous cas à la France de ne pas vivre le même psychodrame que le 21 avril 2002.
ClemsPolitique- Bonne chance pour 2007 !
C.Chavrier- Merci aurevoir
Les commentaires des visiteurs : (pour laisser un commentaire cliquez ici)
de : Visiteur inconnu le : 14 Mars 2006
Je trouve le programme de M Chavrier très clair et assez attractif. Voilà un mouvement citoyen qui semble sortir du lot... Merci pour votre site internet !
