Interview : Jean-Phillipe Allenbach












Interview pour ClemsPolitique de Jean-Philippe Allenbach candidat à la présidentielle de 2007, fondateur du parti fedéraliste



ClemsPolitique- Bonjour monsieur Allenbach
J.P.Allenbach- Bonjour

ClemsPolitique- Pourquoi avez-vous démissionner du parti ?
J.P.Allenbach- Je suis effectivement non seulement le fondateur du Parti fédéraliste que j'ai créé en 1995 mais également le principal rédacteur de " Nous on propose ! " , son "livre-programme" publié en mars 96, ouvrage qui encore aujourd'hui est l'une des bases principales de son programme en particulier en ce qui concerne certaines de ses propositions principales comme la France fédérale, l'Europe fédérale ("noyau dur"), le revenu de citoyenneté et la "TVA sociale". Je ne renie donc rien à ce jour du programme du PF puisqu'en ayant très largement la paternité !
J'ai également été le Président national ( et le principal "financeur") du PF depuis sa création jusqu' à octobre 2005 date de sa dernière Assemblée générale où je ne me suis pas représenté à la présidence nationale du parti. J'ai alors fait savoir aux militants que je considérais que la meilleure stratégie présidentielle pour la défense de nos idées fédéralistes était que je m'y présente non pas comme "le candidat d'un parti qui veut faire gagner son parti" mais comme "le candidat de la province qui veut faire gagner la province". Du coup ma non-présentation comme candidat à la Présidence du PF était parfaitement logique.
J'attendais alors avec impatience la prochaine AG du PF, normalement prévue à nos statuts, pour décider de la position du PF par rapport à la prochaine présidentielle. Je comptais en effet sur cette AG "spéciale élections" pour y expliquer aux militants ma démarche et en débattre largement et directement avec eux. Je pensais pouvoir alors leur démontrer en quoi ma stratégie était à mon sens la meilleure et leur proposer que le PF, pour la présidentielle,, soutienne ma candidature fédéraliste "hors parti" plutôt qu'il ne présente son propre candidat. Le débat entre ces 2 options était tout à fait légitime. Il y aurait alors eu un large débat démocratique à l'issue duquel il aurait été décidé par les militants si le PF soutenait ou pas ma candidature déjà annoncée.
Or, en décembre 2005, il a été décidé par "quelques uns réunis au sommet" invoquant un prétendu "état d'urgence" de ne pas organiser l'AG prévue aux statuts et d'engager sans plus attendre le processus de désignation par le PF de son propre candidat.
C'est cette décision que j'ai estimée totalement anti-statutaire et anti-démocratique, puisque privant les militants du droit de pouvoir largement débattre et éventuellement voter majoritairement en faveur d'un soutien à ma candidature déjà annoncée, qui m' a amené à démissionner du PF le vendredi 13 janvier 2006.

ClemsPolitique- Pourquoi vous êtes vous présenté à l'élection présidentielle sans l'accord de votre parti ?
J.P.Allenbach- Pour la simple raison que l'AG qui aurait statutairement du avoir lieu et à l'occasion de laquelle j'aurais précisément demandé l'accord des militants du PF pour qu'ils me soutiennent dans ma stratégie et ma candidature après leur en avoir expliqué de vive voix les avantages n'a jamais eu lieu !
Une chose est historiquement certaine : jamais les militants du PF n'auront eu débattu en AG sur la stratégie du PF pour la prochaine présidentielle et sur un éventuel soutien à ma candidature "externe". Jamais la question simple mais fondamentale : "Souhaitez-vous que le PF présente son propre candidat face à Jean-Philippe Allenbach candidat fédéraliste déjà déclaré ? " n'a été posée puis débattue en AG.

ClemsPolitique- Allez-vous créer votre propre mouvement politique ?
J.P.Allenbach- Si je suis en profond désaccord avec la stratégie politique des actuelles instances du PF notamment pour la présidentielle, je suis en revanche entièrement d'accord avec son programme puisque c'est jamais que largement le mien, les nouveaux dirigeants du PF se sont contentant de le reprendre !
Créer demain un nouveau mouvement politique n'aurait donc guère de sens. D'ailleurs rien ne m'empêchera plus tard d'éventuellement revenir au PF pour à nouveau le diriger si ses militants le veulent bien. Et deux candidats à la présidentielle avec exactement le même programme, finalement ça n'est peut-être pas si stupide : nous serons les seuls à avoir 2 candidats prônant très exactement le même programme !

ClemsPolitique- Pouvez-vous nous dire si vous pensez obtenir les 500 signatures sans difficulté ?
J.P.Allenbach- Non, je ne le pense pas, j'en suis sûr. Sur ma zone de prédilection (Alsace, Franche-Comté, Rhône-Alpes, Savoie, PACA), la plus perméable à mes idées fédéralistes européennes et décentralisatrices et où je suis le plus connu, il y a un potentiel de près de 10 000 parrainages.
Je compte opérer en toute transparence, selon recommandations de l'Observatoire des parrainages, et tenir au courant les médias du résultat de chacune de mes visites. Je dispose en outre de nombreux relais locaux notamment auprès de mouvements régionalistes ou de militants fédéralistes sur lesquels je sais déjà que je peux compter. Je sors enfin prochainement un livre intitulé "La France, ou tu changes ou on se tire !" que je compte médiatiser et remettre aux élus. Enfin, un certain nombre de "comités JP" ont déjà été créés chargé entre autres de contacter les élus.
Il va de soi que de ne pas me présenter aux élus comme étant le candidat d'un parti concurrent mais comme un homme libre, certes de sensibilité fédéraliste, mais qui n'a d'autre objectif que de faire entendre la voie de la province dans la campagne électorale sera également un atout non négligeable.

ClemsPolitique- Quel score esperez-vous faire ?
J.P.Allenbach- J'ai, à mes frais, fait réaliser un sondage national CSA début janvier 2006 avec 2 questions:
1ère question : Souhaiteriez-vous que Jean-Philippe Allenbach, candidat fédéraliste qui défend les intérêts de la province face à Paris, puisse participer à la prochaine campagne présidentielle ?
Réponse : oui 26%

Ce chiffre est considérable au vu du sondage Sofres publié dans le dernier Figaro Magazine du 18 février où, avec la même question , on voit que seulement 25% des sondés souhaitent la présence dans la campagne de Philippe de Villiers et de Laurent Fabius, 22% celle de Dominique Voynet et 19 % celle de Jacques Chirac
2ème question : seriez vous prêt de voter pour Jean-Philippe Allenbach, candidat fédéraliste qui défend les intérêts de la province face à Paris ?
Réponse (sur l'ensemble de la population) :
Oui certainement : 3%
Oui probablement : 9 %


Soit 12 % des français qui voteraient probablement pour le "candidat de la province"
Certes, les sondages valent ce qu'ils valent, mais force est de reconnaître qu'il y a une forte demande pour ce "candidat qui défend la province". A mon sens, si je peux me présenter comme le candidat qui fait de la décentralisation sa priorité des priorités, ça vaut au moins 15%.

ClemsPolitique- Pouvez-vous nous expliquer votre programme pour 2007.
J.P.Allenbach- Je vous informe d'abord du site en construction : www.allenbachpresident.org

Voilà les grandes lignes de mon projet :

LE DIAGNOSTIC :
La France va mal sur les plans économiques, sociaux, politiques et sociologiques. Ce sont les résultats qui comptent. Or quels sont-ils ? Qu'a secrété notre bon vieux système jacobin à la française ? Economique et social : Tous les voyants sont au rouge ! 10% de chômeurs, un taux de 30% de chômage chez les jeunes, un Etat endetté aux 2/3 de son PIB, une explosion des systèmes de retraite et de santé, un enseignement paupérisé, un pouvoir d'achat laminée, des logements qui manquent, les banlieues qui brûlent. Tout ça malgré de multiples plans nationaux mis en place au sommet pour l'éducation nationale, pour les banlieues, pour le logement, pour l'emploi, pour la sécurité sans compter les sommes colossales investies. Et pour quel résultat ? La France qui est passée en 15 ans du 5ème au 12ème place pour le PIB/ habitant et qui est devenue une machine à garder tout ce qui est assisté, passif et stérile et à faire s'exiler tout ce qui est dynamique, actif et créateur. Ainsi, aujourd'hui, ce qui doit nous inquiéter, ce n'est pas tant l'arrivée du plombier polonais en France que le départ du chercheur français aux Etats-Unis Politique : La démocratie française s'oriente de plus en plus vers une démocratie "à la soviétique "

La preuve:
- il n'y a plus en France aujourd'hui qu'un seul grand parti : le "Parti Conservateur" qui va de l'extrême gauche à l'extrême droite : tous veulent "conserver" ! Conserver les avantages acquis, conserver nos systèmes de retraite et de santé, conserver nos services publics, conserver notre éducation nationale, en un mot conserver notre prétendu modèle français que pourtant personne ne cherche à imiter !
- toute la vie politique est verrouillée (notamment financièrement et médiatiquement ) et son renouvellement ne se fait que par l'adhésion aux grands partis traditionnels. La France est de-facto dirigée par une nomenklatura dont les apparatchiks, toujours les mêmes, monopolisent médias et plateaux de télévision.
- nos dirigeants politiques refusent de voir la réalité et de la dire aux Français. Ils ne leur disent que ce qu'il convient de leur dire pour qu'ils puissent garder le pouvoir. Il ne les informent pas de ce qui se passe ailleurs et ni des problèmes à venir mais les confortent dans leur illusion d'appartenir à un pays que le monde entier nous envie. Tout ce qui se passe ailleurs c'est le diable ! On se sent sous Brejnev
- des élus qui à peine élus vont immédiatement chercher leurs instructions auprès de leurs chefs à Paris et qui reviennent ensuite nous expliquer ce que l'on a décidé pour nous (infrastructures, logement, TGV..) Des élus qui servent ceux qui leur ont donné "l'étiquette gagnante" avant même de défendre ceux qui les ont élus. Or, partout ailleurs en Europe un élu local et notamment régional est là pour défendre les intérêts de son "territoire" face au pouvoir central, rien d'autre !
Sociologique : les Français sont devenus des malades mentaux.
Tous les sociologues en conviennent, les Français sont devenus dépressifs, schizophrènes, paranoïaques, nombrilistes, aveugles, sourds, arrogants, donneurs de leçons et totalement déconnectés des réalités d'un monde qui n'a plus rien à voir aujourd'hui avec ce qu'il était il y a à peine 15 ans.
Nous avons une Société à Irresponsabilité Illimitée 2 000 000 de chômeurs: zéro responsable! les banlieurs qui brûlent : zéro responsable ! Des innocents condamnés à Outreau : zéro responsable !
La notion de responsabilité individuelle ne cesse de s'estomper : il y a un problème ? On cherche immédiatement à qui la faute ? son patron, ? l'Europe ? les immigrés ? les capitalistes ? les syndicats ? sa femme ? ..alors qu'il suffirait d'un miroir pour découvrir le principal responsable ! Il y a une agression ? un attentat ? des banlieues qui brûlent ? les Twin Towers attaquées ? et la première question qui vient aujourd'hui c'est "pourquoi ?" avec pour éternelle réponse que si l'auteur de ces exactions en est arrivé à faire ce qu'il a fait c'est quand même qu' "il devait bien avoir des raisons pour en arriver là ! " Mais avec de tels raisonnements on aurait pu également se dire que si l'Allemagne nazie a été amenée à faire ce qu'elle a fait c'est que les victimes avaient quand même bien du faire des misères à Adolf !
L'une des causes principales de cette maladie mentale que connaît aujourd'hui la France est sans aucun doute ce que le sociologue Gérard Mermet appelle le culte du " mythe collectif et autodestructeur de l'exception française". Le problème français c'est l'exception française ! Et ce qu'on appelle l'exception française, ce n'est rien d'autre que "le refus de changer" avec en particulier le culte du maintien de l'avantage acquis et celui du principe de précaution. Il nous faut la "normalité européenne" pas l'exception française. La question d'aujourd'hui n'est pas si la France doit changer mais quand
Si la France va si mal aujourd'hui, ce n'est pas principalement la faute de nos politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche, mais celle du système à la française qui ne fonctionne plus. Notre vieux système jacobin est à bout de souffle et il ne cesse de dysfonctionner. Et quand un système ne marche plus il convient d'en changer. Ce n'est pas le chauffeur du véhicule qu'il faut changer mais son modèle.

LA THERAPIE :
Mon programme, c'est 3 points : "décentraliser, décentraliser, décentraliser" ( avec pour slogan "La province, c'est capital !." )

Il faut au plus vite changer les règles du jeu de la société. Je souhaite une VIème République fédérale pour la France afin de bien marquer la rupture avec le passé. La France fédérale, c'est- donner le maximum possible aux collectivités locales et le minimum nécessaire à l'Etat.
J'ai une vision claire de ce que doivent être la France et l'Europe de demain.
- Je vois des gouvernements régionaux avec leurs propres ministres de l'emploi, de l'éducation, de l'intérieur .auxquels le citoyen s'adressera directement en cas d'insatisfaction. Ils auront pour seule mission de défendre les intérêts de leur région et ils ne rendront compte qu'à leurs électeurs.
- Je vois des régions avec autant de compétences qu'ailleurs en Europe et surtout avec des moyens financiers comparables . Au nom de quoi le budget de la Franche-Comté serait-il de 300 euro / hab contre 3 000 euro / hab dans le canton de Vaud voisin ?
- Je vois la fin de la vie programmée par l'Etat . Si une région on veut travailler 25 ou 35 ou 45 heures c'est son affaire ! Si elle veut "se payer" 10%, 20% ou 30% de fonctionnaires, c'est encore son affaire ! Si elle veut avoir 10% ou 20% ou 30% de logements sociaux c'est toujours son affaire !
-Je vois une caisse de solidarité interrégionale où ce sont les régions en partenariat avec l'Etat qui décident elles-mêmes du contenu de la solidarité entre régions en lieu et place de cette solidarité imposée aujourd'hui par le gouvernement central sans aucun contrôle par les régions qui payent.
- Je vois une nouvelle solidarité nationale fédérale à travers l'attribution à tous les Français d'un revenu de citoyenneté versé de la naissance à la mort, le même pour tous, en remplacement des multiples allocations actuelles sources d'injustices sociales et de gaspillages financiers. En un mot : " que Paris garde ses énarques et nous rende notre argent et tout ira mieux !"
- Je vois enfin les Etats-Unis d'Europe qui seraient au sein de l'Union européenne un peu ce que sont les Etats-Unis d'Amérique au sein du continent nord-américain, avec évidemment leur propre modèle social différent de celui des Etats-Unis. Ces Etats-Unis d'Europe pourraient réunir au départ les 6 pays fondateurs de l'Europe. Ils défendraient notamment et avec fermeté leur propre identité culturelle en particulier face aux mondes américains, asiatiques, africains et arabes.
- Je vois enfin, dans le monde actuel instable et menaçant et qui selon moi est déjà en guerre (même si on ne veut pas en France prononcer le mot) face au terrorisme, il est indispensable de resserrer prioritairement les liens de cette " vieille famille" que constituent le peuple européen et le peuple américain. Les vraies amitiés se jugent au vu du passé, des valeur partagées, des combats communs et des épreuves de l'histoire. Aussi, je me battrai dans la campagne contre cet anti-américanisme primaire qui relève plus de l'ignorance et de l'idéologie que du bon sens. Je rappellerai que si le monde est meilleur sans Hitler, sans Milosevic, sans les talibans et sans Saddam, il convient d'être pour le moins un petit peu reconnaissant vis-à-vis de ceux grâce à qui on a pu se débarrasser de ces cafards de l'humanité.

Conclusion : Martin Luther King disait " Il y a 2 sortes d'hommes politiques, ceux qui voient les choses telles qu'elles sont et se demandent pourquoi ? et ceux qui voient les choses telles qu'elles devraient être et se demandent pourquoi pas ?" je me considère comme un homme politique appartenant à la 2ème catégorie

ClemsPolitique- Bonne chance pour 2007 !
J.P.Allenbach- Merci aurevoir




Les commentaires des visiteurs : (pour laisser un commentaire cliquez ici)

de : Visiteur inconnu le : 3 Mars 2006
M. Allenbach raconte n'imporete quoi ce n'est pas Luther King qui a parlé comme ça, c'est Kennedy
et puis on ne comprend rien à son projet, si ce n'est qu'il veut faire comme il veut dans son fief !
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de : Visiteur inconnu le : 25 Avril 2006
Personnellement, je trouve que Mr Allenbach a une ambition pour la France, et que cette ambition a la mérite de ne pas se cacher derrière un refus de la réalité. La France va mal et Mr Allenbach ne le cache pas.

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