Interview : Franck Abed










Interview pour ClemsPolitique de Franck Abed candidat à la présidentielle de 2007



ClemsPolitique- Bonjour Monsieur Abed
F.Abed- Bonjour

ClemsPolitique- Pouvez vous nous expliquer votre programme pour 2007 ?
F.Abed- Nous voulons que notre pays renoue avec une véritable croissance qui seule permettra de relever le défi consistant à remettre au travail les 5 à 6 millions de chômeurs que compte notre pays. C'est pourquoi nous proposerons tout d'abord au peuple français de recouvrer son indépendance en instaurant des clauses de sauvegarde aux traités qui asphyxient notre pays afin de préserver notre liberté de manoeuvre et notre protection sociale face au libre-échangisme imposé par l'Organisation Mondiale du Commerce et l'Union Européenne, qui nous pousse vers des salaires et une protection sociale à la chinoise. En cas de refus de nos partenaires européens, nous agirons comme en 1967, en pratiquant la politique de la chaise vide se traduisant par un blocage des institutions européennes. L'on s'apercevra une nouvelle fois que la voix de la France est nécessaire au concert européen et que sans notre pays, rien ne peut se faire en Europe. Puis nous relancerons la démographie française base de l'existence de notre peuple et de toute croissance future. Ceci suppose l'instauration d'un revenu parental d'éducation correspondant au SMIC au troisième enfant et des primes substantielles à partir du quatrième. L'objectif pourrait être fixé à 200 millions d'habitants à l'horizon 2100 soit une densité proche de celle de l'Allemagne. Ensuite, nous proposerons, avec notre Prix Nobel d'Economie, le Professeur Maurice ALLAIS et avec le Professeur Raoul Louis CAYOL, un programme de plein emploi basé sur la mise en place et la vente aux enchères de contingents aux importations avec pour objectif de ramener la part de nos importations sur le PIB de près de 30 % actuellement à 15 % au plus, un chiffre à comparer à celui des Etats-Unis (10 %) et du Japon (12 %), les deux pays de l'OCDE les moins touchés par le chômage et qui pratiquent, contrairement à nous, une politique de protection de leurs marchés intérieurs. A cette proposition, nous ajouterons la mise en place de la cotisation sociale unique sur la consommation (CSUC) qui permettrait de transférer les charges sociales patronales et salariales pesant sur la travail vers la consommation avec pour effet d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés et de diminuer les coûts du travail en France, rendant notre pays à nouveau attrayant pour les industries de main-d'oeuvre. Ce dispositif assurerait également le financement de notre protection sociale en faisant cotiser les produits importés et ceux fabriqués à l'aide des automates qui n'acquittaient jusqu'ici aucune taxe sociale. Ensuite nous relancerons les grands projets colbertistes pour relancer l'effort de recherche dans notre pays autour de grands projets structurants destinés à galvaniser l'effort national : envoyer un homme sur Mars et le ramener sain et sauf sur Terre avant 2020, lancement d'un nouvel appareil transcontinental supersonique, programmes de logements à loyers modérés de qualité intégrés dans les villes existantes, nouveaux programmes autoroutiers avec éclairage systématique des voies, ... Ces propositions devraient se traduire par une croissance de 25 % du PIB en 5 à 7 ans et par un gain de 100 à 200 points de base de notre rythme de croissance tendanciel qui serait ainsi amené entre 3,5 % et 4,5 % par an soit un rythme comparable à celui des Etats-Unis.

ClemsPolitique- Pourquoi cette candidature ?
F.Abed- Que constatons-nous aujourd'hui sinon le renoncement généralisé de nos élites aux principes fondateurs de notre pays, notamment au travers du rejet de notre histoire nationale vue au travers du seul prisme de l'altérité ? Ainsi sont systématiquement mis en avant le rôle qu'ont pu jouer certains de nos compatriotes dans la traite négrière, dans la colonisation, dans la collaboration ou encore dans la torture en Algérie. Chacun se sent ainsi libre de saucissonner notre histoire nationale en fonction de ses origines, de ses idées politiques ou encore de simples convenances personnelles. Comment dès lors éviter l'éclatement de la nation en une multitude de groupes en fonction de leur vision de telle ou telle partie de notre histoire ? Un tel processus semble encouragé par une classe politique capitularde qui préfère célébrer en grandes pompes la défaite de Trafalgar plutôt que de rendre un légitime hommage aux soldats et officiers de la Grande Armée à l'occasion du bicentenaire de la bataille d'Austerlitz le 2 décembre 2005. Nous pensons qu'il s'agit là d'une offensive qui est tout sauf innocente de la part des groupes de pression mondialistes pour lesquels l'existence de nations à forte identité est un obstacle vers la marche à l'unification mondiale qui verra l'abaissement des frontières nationales, préalable nécessaire à l'apparition de « l'homo economicus » mondialisé, réduit à son seul rôle de consommateur et qui sera à même de consommer les mêmes produits indifférenciés produits par les nouveaux esclaves des pays dits « à bas coûts » partout dans le monde. Ceci au prix de recul sociaux sans précédents dans nos pays à forte tradition sociale. Je souhaite donc faire contrepoids à cette entreprise en m'opposant non seulement à la mondialisation qualifiée « d'ultra libérale » par les extrémistes de gauche mais également à toute mondialisation quelle qu'elle soit afin de remettre l'économie au service des citoyens. Et que l'on ne nous dise pas que la mondialisation est inéluctable et que l'on doit juste chercher à en changer le visage, selon l'expression de certains « souverainistes » ou « nationalistes » de circonstance. En effet, la mondialisation a une histoire qui lui est propre et dont les fondements se trouvent dans les années 1960 avec la signature des accords du cycle dit « de Kennedy » sous l'égide du GATT (ancêtre de l'OMC), prémisses de la libéralisation croissante des échange qui a abouti, au fil des différents cycles de négociation du GATT puis de l'OMC, à une « contrainte extérieure » de plus en plus massive au travers de la substitution d'une part croissante de notre production intérieure par les importations qui atteignent désormais près de 30 % de notre richesses nationale. Ceci sans que les peuples concernés eussent été consultés par référendum alors même que les décisions qui furent prises lors de ces négociations ont eu et continuent d'avoir un impact bien plus importants sur la vie quotidienne des citoyens des différentes nations que les traités strictement politiques du type Maastricht ou traité constitutionnel européen miraculeusement rejeté par le peuple français malgré une campagne médiatique univoque, aux dires mêmes du CSA. Il faut savoir que jusqu'à la signature de ces « accords » par une élite indifférente au sort des peuples, l'économie mondiale était fortement cloisonnée, la part des échanges dans le PIB mondial étant limitée à 5 %. Il fallut attendre 1971 pour que le taux d'ouverture de l'économie mondiale rejoigne celui de 1910, à savoir 11 %. Autant dire, que contrairement aux mensonges qui nous sont assénés à longueur de temps dans les médias, la croissance des Trente Glorieuses ne doit rien au libre-échange mondial puisqu'elle s'est déroulé dans un monde on ne peut plus cloisonné. Ce n'est qu'à partir de l'ouverture progressive des frontières économiques qu'est apparu un chômage de masse au fur et à mesure que se substituait à notre production nationale une production importée en provenance de pays à faible protection sociale. C'est ainsi que nous avons perdu plus de 4 millions d'emplois industriels et sans doute le même nombre d'emplois induits depuis la fin des années 60, situation dramatique qui aboutit aujourd'hui à ce que 5 à 6 millions de personnes se trouvent exclues du marché du travail en France. En effet, il convient d'ajouter au 2 millions de chômeurs officiels le million et demi d'allocataires du RMI, les préretraités forcés et les emplois bidons dans les associations qui se voient versés de généreux subsides pour canaliser les forces populaires et les empêcher de se révolter. Sans compter les millions de personnes qui travaillent à mi-temps sans l'avoir choisi. Nous pensons donc que notre pays doit retrouver son indépendance dans tous les domaines, et, sans se fermer aux influences extérieures naturelles, résister de toutes ses forces à ce mouvement de dissolution et de renoncement universel en faisant respecter son point de vue et celui de ses alliés dans toutes les instances internationales. Notre pays doit prendre la tête des pays non alignés et se positionner comme un nouveau modèle en promouvant une nouvelle voie de co-développement basée sur la coopération des peuples indépendants.

ClemsPolitique- Où vous situez-vous sur l'échiquier politique français ?
F.Abed- Nous sommes de simples citoyens, des Françaises et des Français stupéfaits de constater que nos élites ont, une fois de plus, renoncé à défendre l'héritage national pour rallier le parti de l'étranger, celui de l'Organisation Mondiale du Commerce et de sa créature, l'Union Européenne. Nous sommes tout aussi bien issus de la droite que de la gauche, certains d'entre nous n'étaient pas engagés politiquement avant de nous rejoindre mais nous avons décidé de mettre en avant ce qui nous rassemble : l'attachement à notre pays et au progrès social. Nous refusons de choisir entre une droite dont le discours est désormais essentiellement économique et anti-social et une gauche dont le discours est exclusivement social, voire sociétal et anti-patriotique. Nous pensons que la France, ce n'est pas la gauche ou la droite mais un principe supérieur qui doit nous réunir afin de mener à la fois une politique de grandeur nationale et de progrès social. Nous sommes donc un mouvement anti-partisan qui se propose de rassembler tous les citoyens quelque soit leur origine, leur croyance ou la couleur de leur peau autour des valeurs patriotiques et sociales. Une fois de plus dans notre longue histoire, notre pays traverse une crise existentielle. Il s'agit donc de réconcilier l'ancienne France et la nouvelle France autour des valeurs de la France éternelle, de Clovis jusqu'au Général de Gaulle.

ClemsPolitique- Combien de promesses signatures d'élus avez-vous et comment comptez vous obtenir les autres ?
F.Abed- Nous avons recueilli à ce jour un peu plus de cent quarante signatures. Tous nos militants sont mobilisés et nous pensons que nous aurons rassemblé les 500 signatures avant la fin de l'année. Par ailleurs, certains élus locaux commencent à rejoindre notre mouvement, ce qui facilite notre tâche. Nous n'avons pour le moment essuyé aucun refus, tant les maires de France se déclarent avant tout démocrates.

ClemsPolitique- Quel score espérez vous faire, si vous obtenez vos signatures ?
F.Abed- Il s'agit de notre première campagne présidentielle. Nous ne visons donc pas un score. Nous espérons surtout faire connaître nos idées et susciter tout d'abord un intérêt pour les idées que nous défendons. Nous espérons qu'avec le temps cet intérêt pourra se transformer en un vaste rassemblement autour de nos valeurs pour les prochaines échéances, en 2012 puis en 2017, sans oublier bien sûr les prochaines élections législatives pour lesquelles nous espérons présenter au moins une centaine de candidats en métropole.

ClemsPolitique- Allez vous créer votre propre mouvement politique ?
F.Abed- Ce mouvement existe déjà. C'est le 2 décembre 2004 que j'ai créé Réconciliation Nationale, avec plusieurs patriotes attachés au progrès social effrayés de la pente que suivait notre pays. Ce qui n'était tout d'abord qu'un groupe informel s'est peu à peu transformé en un véritable mouvement politique. Le 5 mai dernier, à l'occasion de la commémoration de la mort de Napoléon Ier, nous avons fixé les statuts de notre mouvement qui est alors devenu officiel le 18 mai 2006.

ClemsPolitique- Bonne chance pour 2007 !
F.Abed- Merci aurevoir


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